Traitement du Syndrome de Congestion Pelvienne à Ollioules

Pr Vania TACHER - Radiologie interventionnelle dans le Var

Syndrome de Congestion Pelvienne (SCP) à Ollioules

Imagerie Médicale & Radiologie Interventionnelle dans le Var

Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) est une cause fréquente mais souvent méconnue de douleurs pelviennes chroniques chez la femme.

Il correspond à une dilatation par un reflux anormal des veines pelviennes, devenues des varices pelviennes, responsables d’une stase sanguine douloureuse au niveau du bassin.

L’épidémiologie

Le SCP touche principalement les femmes multipares âgées de 30 à 45 ans mais peut toucher toutes les femmes. La prévalence des veines pelviennes dilatées, des varices est fréquente mais seulement une faible proportion de ces femmes présente des douleurs chroniques pelviennes car elles ne présentent pas de drainage suffisant. Les patientes concernées ont une symptomatologie évoluant depuis plusieurs mois à plusieurs années et s’aggravent avec le temps.

  • 4 femmes sur 20 souffrent de douleurs pelviennes chroniques
  • 1 sur 20 souffre du SCP

Symptômes du Syndrome de Congestion Pelvienne

Radiologue interventionnel sur la Côte d'Azur - Pr Tacher

Les douleurs sont chroniques (≥ 6 mois), souvent sourdes ou pesantes, situées dans le bas-ventre ou le pelvis.

Elles sont typiquement aggravées par la station debout prolongée, la chaleur, ou les rapports sexuels (dyspareunie notamment post-coïtales), parfois associées à :

  • des règles douloureuses (dysménorrhée),
  • des troubles urinaires (envies fréquentes, dysurie),
  • un poids pelvien ou une sensation de gonflement,
  • des varices périnéales notamment vulvaires
  • des membres inférieurs.

Traitement du SCP à Ollioules

Spécialiste de la radiologue interventionnelle sur la Côte d'Azur

Le Diagnostic

Le diagnostic est essentiellement clinique. 

Les critères cliniques comprennent : 

  • Douleurs pelviennes chroniques > 6 mois.
  • Douleur augmentée en fin de journée, lors des rapports ou des règles.
  • Sensibilité à la palpation des fosses ovariennes.

L’imagerie est essentielle pour confirmer le diagnostic. L’échographie pelvienne est réalisée en première intention et montre des veines pelviennes dilatées avec un reflux notamment de la veine ovarienne gauche. La sensibilité de l’examen est de 96 % et sa spécificité de 100 %.

L’IRM pelvienne permet une analyse fine du réseau veineux pelvien. Elle peut être en évidence des varices pelviennes et parfois un reflux ovarien ou iliaque.

Le scanner est utile pour confirmer la suspicion diagnostique et éliminer d’autres causes de douleurs pelviennes notamment ostéoarticulaires, parfois digestives ou autres ;

La phlébographie diagnostique est l’examen de référence. Il permet de confirmer de diagnostic en mettant en évidence la dilatation anormale des veines pelviennes, un reflux veineux anormal et mesurer si nécessaire des pressions pour rechercher une cause obstructive.

Des syndromes obstructifs veineux rares comme le syndrome de Cockett (May-Thurner), ou le syndrome du casse noix (Nutcracker) peuvent être associés, avec des prises en charge spécifiques.

 Les options thérapeutiques

Il existe plusieurs options thérapeutiques. Celle-ci est pluridisciplinaire car elle inclue le radiologue, le radiologue interventionnel, le gynécologue et le médecin traitant.

Les traitements médicaux comprennent les traitement antalgiques, anti-inflammatoires et veinotoniques et/ou les traitements hormonaux (progestatifs) pour réduire la stase veineuse. Ces traitements ont des effets souvent temporaires et partiels.

Le traitement chirurgical qui consiste en la ligature laparoscopique des veines ovariennes, mais rarement pratiqué.

Le traitement endovasculaire par l’embolisation (occlusion)

C’est la référence thérapeutique actuelle, réalisée par les radiologues interventionnels. Il consiste à occlure les varices et les veines refluantes.

Le traitement par embolisation

L’embolisation est réalisée sous anesthésie légère, sous sédation par voie veineuse brachiale ou fémorale. L’injection de produit de contraste iodé permet de réaliser une cartographie des varices et des reflux. L’occlusion sélective des veines dilatées à l’aide de clips métalliques (coils) ou agents embolisants liquides (super clue biologique).

La durée de l’intervention est d’environ 45 à 90 minutes, en ambulatoire. Les suites sont marquées par des douleurs pelviennes transitoires pendant quelques jours traitées médicalement et la prise d’une activité normale en 72 h.

Les résultats et l’efficacité

Le succès technique est de 96–100 %.

Le soulagement précoce est significatif pour 75 % des patientes

Le succès clinique durable est atteint chez 86–93 % des patientes

Une amélioration de la qualité de vie est 95 % des patientes

La satisfaction globale du traitement est de 7,4/9 sur échelle de satisfaction

Les résultats sont stables à long terme (5–8 ans).

Complications

Les complications sont rares. Les risques sont : essentiellement la migration de coil (>2%), souvent sans conséquence, la thrombose de veines pelvienne (>1%), l’hématome du point de ponction (<1%) , une allergie (<1%).

Aucune altération du cycle menstruel ni effet sur la fertilité n’a été rapporté. Des grossesses normales ont été observées après traitement.

Pronostic et qualité de vie

  • La récidive symptomatique est de : 6–16 % selon les séries.
  • La qualité de vie est significativement améliorée dans >90 % des cas.
  • Le traitement endovasculaire permet à la majorité des patientes de reprendre une vie personnelle, sexuelle et professionnelle normale.

Résumé - Chiffres clés

  • 4 femmes sur 20 souffrent de douleurs pelviennes chroniques
  • 1 sur 20 souffre du SCP
  • 60 min d’intervention
  • Anesthésie locale et sédation
  • Pas d’incision – Introducteur de 2 mm
  • Contrôle en imagerie ultra sophistiquée

Association de patientes

https://www.info-congestionpelvienne.fr/

Ressources

Sources bibliographiques

  • Sarah Carvalho, P. Metzger, Miguel Godeiro Fernandez, Wlamir Batista Ribeiro, Alleh Nogueira, and J. P. R. E. Souza. “Pelvic venous reflux embolization in the treatment of symptomatic pelvic congestive syndrome: a systematic review with meta-analysis.” Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, 2022.
  • S. Gavrilov, Alexander Sazhin, G. Krasavin, Ekaterina Moskalenko, and Nadeshda Mishakina. “Comparative Analysis of the Efficacy and Safety of Endovascular and Endoscopic Interventions on the Gonadal Veins in the Treatment of Pelvic Congestion Syndrome.” Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, 2020.
  • Q. Senechal, Perrine Echegut, M. Bravetti, M. Florin, L. Jarboui, Mehdi Bouaboua, C. Teriitehau, J. Feignoux, F. Legou,and E. Pessis. “Endovascular Treatment of Pelvic Congestion Syndrome: Visual Analog Scale Follow-Up.” Frontiers in Cardiovascular Medicine, 2

Introducteur placé dans le bras mesurant 2 mm de diamètre

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