Embolisation de l’hypertrophie bénigne de la prostate à Ollioules

Pr Vania TACHER - Radiologie interventionnelle

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP)

Imagerie Médicale & Radiologie Interventionnelle à Ollioules

L’hypertrophie bénigne de la prostate est une augmentation non cancéreuse du volume de la prostate, fréquente chez l’homme avec l’âge. Elle peut entraîner une compression de l’urètre et provoquer des troubles urinaires parfois très invalidants.

L’épidémiologie de l'HBP

Radiologue interventionnel dans le Var - Pr Tacher

L’HBP concerne environ :

  • 50 % des hommes après 60 ans
  • Jusqu’à 80 % des hommes après 80 ans

Tous les patients ne sont pas symptomatiques, mais une proportion importante développe des troubles urinaires nécessitant une prise en charge.

Les symptômes

Les symptômes urinaires sont appelés troubles du bas appareil urinaire (TBAU) et peuvent inclure :

  • Difficulté à uriner
  • Jet faible
  • Sensation de vidange incomplète de la vessie
  • Mictions fréquentes, surtout nocturnes (nycturie)
  • Urgences urinaires
  • Rétention aiguë ou chronique d’urine

Embolisation de l’hypertrophie bénigne de la prostate à Ollioules

Spécialiste de la radiologue interventionnelle sur la Côte d'Azur

Le diagnostic

Le diagnostic repose sur l’évaluation clinique et paraclinique.

Il comprend :

  • Consultation urologique
  • Toucher rectal
  • Dosage du PSA
  • Échographie prostatique et vésicale
  • Parfois IRM prostatique pour évaluer le volume et l’anatomie

Ces examens permettent d’éliminer un cancer de la prostate et de guider la stratégie thérapeutique.

Les options thérapeutiques

La prise en charge est progressive et personnalisée.

Surveillance simple :
– En cas de symptômes légers

Traitements médicaux :

  • Alpha-bloquants
  • Inhibiteurs de la 5-alpha-réductase

👉 Soulagement souvent partiel ou transitoire

Traitements chirurgicaux :

  • Résection transurétrale de la prostate (RTUP)
  • Laser prostatique

👉 Efficaces mais invasifs, avec risques fonctionnels (saignement, troubles sexuels)

L’embolisation de la prostate

Une alternative mini-invasive à la chirurgie

L’embolisation des artères prostatiques est un traitement mini-invasif réalisé par un radiologue interventionnel.

Elle consiste à réduire l’apport sanguin de la prostate en obstruant sélectivement les artères prostatiques, entraînant une diminution progressive du volume de la prostate et une amélioration des symptômes urinaires.

Comment se déroule l’embolisation ?

  • Réalisée sous anesthésie locale
  • Accès artériel par le poignet ou l’aine
  • Cartographie précise des artères prostatiques sous imagerie
  • Embolisation ciblée à l’aide de microsphères
  • Durée moyenne : 60 à 90 minutes
  • Hospitalisation courte ou ambulatoire

👉 Pas d’incision chirurgicale

👉 Fonction sexuelle préservée dans la grande majorité des cas

Les suites et la récupération

  • Douleurs ou brûlures urinaires transitoires possibles
  • Syndrome post-embolisation léger (fatigue, fébricule)
  • Reprise rapide des activités quotidiennes en quelques jours
  • Amélioration progressive des symptômes sur plusieurs semaines

Résultats et efficacité

  • Succès technique : > 90–95 %
  • Amélioration significative des symptômes urinaires (diminution du score IPSS de 10 à 13 points)
  • Amélioration de la qualité de vie
  • Diminution du volume prostatique de 20 à 40 %
  • Excellente préservation de la fonction sexuelle

Complications

Les complications sont rares et le plus souvent bénignes :

  • Hématurie transitoire
  • Infection urinaire
  • Douleurs pelviennes passagères
  • Très rarement : ischémie vésicale ou prostatique

Aucune incontinence urinaire n’est rapportée dans les grandes séries.

Pronostic et qualité de vie

L’embolisation permet à de nombreux patients de :

  • Réduire durablement leurs symptômes urinaires
  • Éviter ou retarder une chirurgie
  • Préserver la fonction sexuelle et la continence
  • Retrouver une qualité de vie satisfaisante

Résumé – Chiffres clés

  • Traitement mini-invasive
  • Sans chirurgie
  • 60–90 minutes d’intervention
  • Hospitalisation courte
  • Amélioration durable des symptômes

Sources bibliographiques

Pisco J. et al. Prostatic artery embolization for benign prostatic hyperplasia. Radiology, 2013.

Abt D. et al. PAE versus TURP: randomized trial. BMJ, 2018.

Carnevale F. et al. 10-year experience with PAE. Radiology, 2020.

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